« Nous n’avions pas grand chose avant la guerre, c’est encore plus compliqué maintenant »

« Nous n’avions pas grand chose avant la guerre, c’est encore plus compliqué maintenant »

A la suite de la grande route qui relie Hodeidah et Hayis, une piste de sable mène jusqu’à un groupe de maisons. Les habitations entourent quelques arbres, le puits et un énorme réservoir de 10000L.

Deux fois par jours, les 120 familles du village peuvent venir chercher de l’eau, soit plus d’une centaine de litres d’eau par famille et par jour.

explique Ibrahim, directeur de l’école et membre du conseil local dont la responsabilité est entre autre la bonne utilisation des ressources en eau. A côté du réservoir installé par Action contre la Faim, le précédent, d’une capacité moindre et surtout en mauvais état n’est plus utilisé. « Il y avait des trous dans l’ancien, on perdait de l’eau, il fallait attendre longtemps pour que tout le monde se ravitaille mais surtout il y avait beaucoup de cas de malaria et de diarrhées dans le village. Depuis que nous avons ce nouveau tank, il n’y en a presque plus et tout le monde a de quoi satisfaire ses besoins ». Outre l’installation de la citerne, Action contre la Faim a mené une campagne de sensibilisation auprès des villageois ainsi que dans l’école. Ces projets sont menés avec le soutien du service d’aide humanitaire et de protection civile de la Commission européenne (ECHO). 

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Un garçon du village adossé sur le socle en béton du réservoir d’eau. Yémen – 2016 © Florian Seriex

L’établissement scolaire dans lequel enseigne Ibrahim est encore intact mais de nombreux autres ont été transformés en casernes par les Houthis avant d’être bombardés par la coalition.

Les enfants ne venaient plus du tout, tout le monde était terrorisé. Les familles ne sont plus en mesure de payer les frais de scolarité des enfants. Ce sont les professeurs qui les paient désormais car c’est la seule manière de garder les élèves à l’école.

La situation est devenue critique dans de nombreux villages.

Beaucoup de personnes qui vivent ici sont des pêcheurs mais après le début de la guerre tout est devenu compliqué. Les gens ne peuvent plus sortir les bateaux donc la plupart d’entre eux ont perdu leur emploi.
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Plusieurs personnes du village ont été arrêtées alors qu’elles tentaient d’atteindre le port. Certaines sont parvenues à se rendre en mer mais elles restent près des côtes car les avions de la coalition militaire survolent la zone en permanence et c’est très difficile de travailler. « Nous n’avions pas grand chose avant la guerre, c’est encore plus compliqué maintenant », explique Ibrahim dans un soupir.

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Une maison du village. Yémen – 2016 © Florian Seriex

 

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